Rapport sur les événements des 8 et 9 juillet 1944 à Vollore-Montagne

Ce rapport, établi par Monsieur CHARRIER, Instituteur et secrétaire de Mairie, est reproduit ci-dessous tel qu'il a été consigné sur le registre des délibérations du Conseil Municipal de VOLLORE-MONTAGNE

Samedi 8 juillet 1944

Vers 14 h 30, une patrouille allemande venant du Trévy en direction de VOLLORE-MONTAGNE est signalée. Le maquis fait avertir la population du bourg.

Vers 15 h, arrivée de la patrouille allemande de SS : 22 hommes qui avancent en colonne par 2. Ils s'installent à l'Hôtel PRUGNE ( NDLR : actuel Hôtel des Touristes ).

Une demi-heure après, alors qu'ils se sont restaurés, ils se reposent devant l'Hôtel. Deux sentinelles surveillent les alentours. Elles aperçoivent les troupes du maquis de la 10ème Cie stationnées aux Rallières se préparant à l'attaque depuis la route et le Puy Besson. Elles ouvrent le feu.

Les enfants des écoles sont conduits dans les caves. Les soldats allemands, surpris, saisissent leurs armes et choisissent un emplacement de combat. Huit d'entre d'eux rentrent dans l'Hôtel PRUGNE. Le feu est très violent de part et d'autre. Quatorze allemands qui n'ont pu pénétrer dans l'Hôtel se replient en combattant derrière l'Hôtel LAGUELLE ( NDLR : Hôtel du Pont actuellement fermé ) et prennent la route de La Voissette. Ils viendront installer un barrage sur la route d'AUGEROLLES, après la Maison PROVENCHERE ( NDLR : qui était alors un café et qui est maintenant le domicile des SARRY ). Une voiture de troupes du maquis venue d'AUBUSSON arrive. Le feu est ouvert. Monsieur GERON, inspecteur primaire, venant de LA RENAUDIE, est arrêté par le barrage quelques minutes avant l'arrivée de la voiture. Les allemands se replient dans la Maison PROVENCHERE emmenant Monsieur GERON avec eux.

De la mairie, où je me trouvais avec Mme CATHONNET et Mlle Odile MATHEY, on suit le combat. Les soldats du maquis tentent de donner l'assaut de l'hôtel PRUGNE mais sans résultat. Ils sont abattus par les allemands tirant des fenêtres. Un seul, Gaby, réussit à pénétrer dans l'hôtel. Il est abattu.

Le combat violent autour de l'hôtel PRUGNE dure 1 heure. Les enfants restent dans les caves jusqu'à 5 heures. Le feu diminuant d'intensité, ils sont ramenés dans la classe enfantine où ils demeurent jusqu'à l'arrivée des parents. Les derniers enfants partent vers 7 h 30.

A ce moment, on apprend que Mme BERTRAND a été blessée d'une balle à la hanche. Le Docteur DUNAUD, appelé, monte.Une ambulance est demandée. Je peux peux arriver jusqu'à BASSI, blessé, étendu sous la 3ème voûte de la cour de l'école. Une main arrachée et les jambes paralysées il demande du secours. J'avertis le chef Raymond commandant la compagnie. Le soldat Marcel, blessé est pansé chez Adrien MATHEIX.

Vers 9 heures les coups de feu ont à peu près cessé. Quelques coups isolés. Ils reprendront à 10 heures, à la Voissette à l'arrivée d'un renfort de l'A.S. qui devra se retirer laissant un mort et deux blessés.

Vers 11 heures, j'accompagne le Docteur DUNAUD. Derniers soins à Marcel. Nous réussissons à arriver jusqu'à BASSI et à l'emporter non sans avoir été salués par les allemands barricadés dans l'hôtel PRUGNE. Soins à BASSI : la main gauche éclatée par une balle explosivé, la moëlle épinière sectionnée. Aucun espoir de la sauver.

Dimanche 9 juillet

Vers 7 h 30, les occupants de l'Hôtel PRUGNE se replient et, passant devant l'hôtel LAGUELLE, par le petit chemin des Paturaux ils rejoignent le détachement retranché à la Voissette.

Monsieur PRUGNE m'appelle à 8 heures. Aidés de Monsieur Lucien DUPUY, puis de Messieurs Denis FAYARD et Albert GOUTTEGATA nous relevons les corps des " maquisards " tombés et les portons dans la remise de Monsieur PRUGNE. Six hommes sont relevés autour de la scierie. Monsieur Jean OLIVIER, facteur en retraite, est retrouvé sur la route en face de l'écluse PRUGNE, abattu d'une balle dans la tête par les allemands occupant l'hôtel, alors qu'il passait sur la route ( NDLR : il allait chercher du beurre à Bourdillon et il n'aurait pas entendu les sommations ).

Madame FRAYSSE, épouse de " Marcel " me demande instamment de faire enlever son mari par une ambulance. Une intervention chirurgicale doit être tentée au plus tôt. Je téléphone à la Sous-Préfecture.

A 10 heures, Monsieur MOUSSET ( Maire ), Monsieur Julien LEVIGNE ( Garde-Champêtre ) et Monsieur SARRY ( adjoint ) arrivent.

A 11 heures un groupe de cinq hommes faisant avancer Monsieur GERON devant eux arrivent au café PROVENCHERE pour demander la voiture de Monsieur GOUTTEFANGEAS. On fait appeler celui-ci qui ne peut parvenir à mettre la voiture en marche.

Vers 11 h 30, arrive une ambulancede Thiers venue pour prendre Madame BERTRAND. Elle est réquisitionnée par les allemands qui l'utilisent pour conduire à Thiers un malade et deux blessés.

Vers 14 heures, arrive une deuxième patrouille allemande venant en renfort par la route du Perthuis. Un incident assez violent éclate au sujet d'armes qu'ils viennent de découvrir sous l'école. Nous réussissons à les convaincre que ces armes ont été rassemblées pour eux. Nous profitons de l'apaisement pour demander la libération de Monsieur GERON, que nous obtenons. Vive satisfaction de Monsieur GERON, prisonnier depuis 24 heures.

Vers 16 heures, arrive le gros de la compagnie conduite par le Lieutenant SS ZÜNLKE. On vient nous chercher, Monsieur le Maire et moi-même à la mairie. Je descends. Monsieur Lucien DUPUY vient m'avertir que les deux ambulances viennent d'arriver. Je lui fais comprendre qu'il doit se taire. Nous avançons sous la menace de la sentinelle.

Grosse agitation dans le bourg. Les soldats pénètrent dans les maisons en répétant l'ordre d'aligner sur la place tous les habitants.

Atmosphère lourde. Après un refus de l'interprète je peux être conduit à l'officier allemand, qui est à la poste, par un alsacien SS ( NDLR : était-ce un " malgré-nous " ? ) qui me parait redouter lui-même que des mesures de représailles soient prises contre la population.

" Monsieur, je suis ici avec une délégation du conseil Municipal et je viens et je viens vous rendre compte qu'aucun habitant de la commune n'a pris part au combat "

Je peux obtenir que les habitants du bourg soient autorisés à rentrer chez eux.

Immédiatement après, gros incident avec Madame CARLADE, accusée d'avoir secouru des blessés et chez qui on a retrouvé des munitions abandonnées par le Maquis. Après explication, celle-ci est relachée.

BASSI est retrouvé dans la maison MATHEIX par deux soldats perquisitionnant. Le Lieutenant allemand tient à le voir et m'invite à l'accompagner. BASSI est étendu sur un matelas, gardant toute sa connaissnce. Je crains que ses culottes et ses souliers militaires ne le trahissent irrémédiablement. Le Lieutenant penché sur lui, le revolver au poing, nous interroge l'un et l'autre. Mais nos regards se sont rencontrés. BASSI a lu, comme j'ai lu, que nous pouvions compter l'un sur l'autre. Il deviendra un journalier agricole, du village de Navaron ( NDLR : village de la commune de Sainte-Agathe ), blessé accidentellement en venant du bourg. Je dois me porter garant de sa non participation au combat. L'officier hésite et se relève. BASSI ne sera pas achevé mais il sera emmené par les allemands.

Marcel , qui occupe une chambre de Madame BERTRAND, a été vêtu d'une chemise blanche et de vêtements civils. Grâce au sang froid de quelques habitants et en particuliers de Mlle BERTRAND, de Monsieur MOREAU, il sera transporté dans l'ambulance et conduit à l'hôpital de Thiers. Il s'agira pour les allemands d'un touriste blessé accidentellement.

Le Lieutenant allemand nous rejoint à la mairie, accompagné d'un interprète. Nous obtenons, non sans peine, que les maquisards tués soient mis en bière.

Vers 18 heures et après une démonstration de force sur la place, près de l'hôtel PRUGNE, les allemands partent sur Thiers, emmenant trois soldats du maquis, blessés : BASSI et deux inconnus l'un à la Voissette, l'autre sur la route du Trévy, et trois civils dont Monsieur ROCHE des Chabanettes.

Lundi 10 juillet

Accompagné de Monsieur PROVENCHERE, je pars reconnaître les morts de la Voissette : quatre soldats du Maquis et deux enfants, 14 et 18 ans, sont retrouvés entre la Voissette et Sagne Cros.

Tous les morts sont dignement mis en bière. Ils ne peuvent être identifiés : argent, papiers, objet précieux ont été pillés par la soldatesque. Nous prenons un signalement précis et numérotons les cercueils pour rendre possible une identification ultérieure.

Cérémonie simple et digne au cimetière où Monsieur le Curé de VOLLORE-MONTAGNE donne l'absoute.

A la fin du rapport il est fait état de 15 victimes : les 10 maquisards dont les noms figurent sur la stèle, des trois civils dont les deux enfants ( Paul et René CHASSAGNE ) trouvés morts entre la Voissette et Sagne-Cros qui étaient de Piboulet, Commune de SAUVIAT ( NDLR : le rapport ne mentionne pas dans quelles conditions ils ont été tués, mais selon le témoignage ci-dessous de Jeanine PLANCHE, leurs corps ont été ramenés du Trévy par un camion allemand et jetés dans le fossé ), de Marcel FRAYSSE qui mourra à l'Hôpital de Thiers et de BASSI qui mourra le lendemain à Thiers, en cellule.

Le rapport ne parle pas du dénommé CHATAING, ni du mystérieux " inconnu " qui figurent sur la stèle ?

17 noms sont mentionnés sur la Stèle des Combattants de la Résistance :


Témoignages sur les tragiques combats de Juillet 1944

L'édition d'Août 1978 du « Résistant d'Auvergne » rapporte les passages d'une lettre adressée à André ROSSIGNOL ( Commandant Pigeon dans la Résistance ) par G. BARISET ( Lieutenant Jack ) demeurant 37, rue Gambetta à Stains ( Seine ), ancien du groupe Guy MOQUET, stationné à cette époque au col du BéaI.

Le 8 Juillet au matin, l'état-major du corps franc Guy MOQUET envoie deux hommes en reconnaissance qui repèrent une patrouille allemande, à pied, à Aubusson d' Auvergne. Elle dispose d'une mitrailleuse russe, d'un mortier et de plusieurs fusils-mitrailleurs et armes individuelles.
Les Allemands sont méfiants et partent en direction de Vollore-Montagne à pied. Renseigné dès midi, l'état-major décide d'attaquer la patrouille dans les bois à environ 6 km d'Aubusson et donne au commissaire aux opérations CESAR l'initiative des opérations.

G. BARISET écrit:

« Les Allemands qui avaient activé leur déplacement faussèrent nos prévisions. Sur toute la route nous avancions prudemment sans les rencontrer. Les paysans ne nous renseignèrent que très évasivement. Nous étions inquiets de ne pas avoir rencontré l'ennemi et nous arrivâmes en de vue de V-M, engagés sur une portion de route droite. Dans nos jumelles nous observions dans le village un calme parfait. Les Allemands s'étaient retranchés dans un café, la première maison du village. Les Allemands nous laissèrent avancer jusqu'à 50 mètres, puis il ouvrirent le feu sur le camion qui stoppa brutalement. Je me trouvais à ce moment-là au-dessus de la cabine du chauffeur avec mon FM en batterie. L'arrêt brutal du camion me précipita dans le vide. Le casque, mal ajusté sur ma tête, glissa devant mes yeux et me fractura dans la chute l'os du nez. Je perdis connaissance sous le choc. Quelques instants plus tard, lorsque je revins à moi, les balles sifflaient de tous côtés. »

Perdant du sang, il réussit en rampant à atteindre le fossé, puis, de là, à sauter dans un champ de blé situé à l'emplacement de la maison DELAIRE. Le commandant CESAR est terrassé par une balle explosive dans le ventre, le commissaire aux effectifs JULES et le soldat JEAN sont atteints par des balles à la tête.

Le lieutenant JACK, resté seul responsable, à la vue de ses hommes désemparés, ordonne le repli et décroche, laissant les morts sur place.
« J'ordonnai le repli général, laissant nos morts, car les ramener aurait été nous exposer inutilement. »

Les trois résistants tués au combat, relevés le lendemain par Messieurs CHARRIER et PROVENCHERES ont été inhumés au cimetière de Vollore-Montagne. Il s'agit de Félix DUPIC ( alias CESAR ), David STERN ( alias JULES ) et James PASQUIN ( alias JEAN ).

Témoignage de Marinette JOTHY, employée à l'hôtel PRUGNE ( actuel Hôtel des Touristes ).

Au début de la fusillade des soldats allemands consommaient à l'intérieur de l'hôtel, d'autres se reposaient devant la porte, gardée par des sentinelles. Les Résistants tiraient du bas du Puy Besson, descendaient sur la route du Pertuis au niveau du transformateur électrique ( situé à l'époque, sous l'emplacement où sera construite la maison BASSIER ) pour se camoufler derrière la scierie PRUGNE, parmi les troncs et les piles de planches. Les Allemands, de l'extérieur ne purent regagner l 'hôtel et partirent en direction du chemin des Pâtureaux.

La famille PRUGNE, Raymond VACHIAS, son ouvrier et moi-même étions prisonniers à l'intérieur.

Camouflés aux fenêtres du rez-de-chaussée et du premier étage, les Allemands repéraient les emplacements des maquisards en promenant parfois un casque vide devant les vitres. A un moment donné, un de ceux-ci pénétra brusquement dans le couloir, revolver au poing. Il fut tué à l'entrée. Alors que je voulais monter à l'étage. un soldat allemand m'intima l'ordre de rester et me dissuada de sauter par la fenêtre côté ruisseau en m'expliquant " à l'extérieur tuée, ici en sécurité ". Nous ne pûmes empêcher un soldat de tirer sur Monsieur OLIVIER encapuchonné, qui passait tranquillement sur la route. Par contre Je fis comprendre à l'un d'eux que Monsieur DURUDEAU, mis en joue, était un civil qui allait quérir de l'eau à la cîme de son pré.

Ma chambre fut occupée par deux soldats blessés, l'un à la jambe, l'autre au bras. Raymond VACHIAS, son ouvrier, et moi-même fûmes retenus toute la nuit dans une pièce du premier étage, au-dessus de la cuisine.

Témoignage de Marthe LEVlGNE

Je rentrais par un petit sentier, près de l'étang, quand je vois une vache blessée, victime de la fusillade qui vient de se dérouler entre Maquisards et Allemands. Ayant très peur, je rentre très vite à La Loge ou Maman et mon frère Paul m'attendent très inquiets.

Il n'est pas question de coucher à la maison alors que des Allemands sont tout à côté. Nous fermons les portes et allons coucher à La Burie où nos voisins nous donnent asile pour la nuit.

Avec méfiance, nous rentrons le lendemain matin chez nous.

Les coups de feu ont cessé et nos vaches mangent tranquillement dans le pré, ignorant le drame qui vient de se passer dans notre commune noyée ce matin-là dans le brouillard.

Témoignage de Jeanine PLANCHE

Du jardin, sous la villa LEVIGNE, ma soeur et moi nous voyons la colonne allemande arriver par la route de Marsal et prendre la direction du Bourg. Les soldats marchent tranquillement. Plus tard Simone LEVIGNE vient demander un service à mon frère Paul : l'aider à lever sa grand-mère Pélagie, grabataire. Ma mère décide de le remplacer par suite de la présence des soldats allemands. Je l'accompagne. Dès que nous sortons de la maison du bas la fusillade éclate. Les balles sifflent. Nous nous couchons derrière un talus puis nous réussissons à gagner la Maison PROVENCHERES. Des soldats arrivent en se camouflant et l'investissent. En peu de temps il transforment la maison en blockhaus, déplaçant les meubles, disposant des matelas près des fenêtres où il prennent position. Un monsieur est poussé à l'intérieur, encadré par des soldats. ll s'agit de Monsieur GERON, inspecteur primaire arrêté alors qu'il revenait de La Renaudie à vélo. Il nous rejoint dans la salle de café où nous sommes consignés. Nous ne voyons pas le déroulement des opérations mais les soldats occupent le premier étage et,de ce fait, peuvent surveiller les alentours.

Nous passons la nuit sous le lit de la grand-mère. La sentinelle préposéee à la garde de la pièce nous explique par gestes qu'il a aussi une grand-mère alitée et nous montre les photos de ses trois filles.

Le dimanche matin, un brouillard intense recouvre la campagne. Moment d'émotion intense quand un soldat demande à ma mère de s'approcher et arme son fusil. Il lui fait comprendre qu'elle doit aller délier les vaches de Paul PROVENCHERES qui ont passé la nuit sous le joug à la cime du pré. L'une, blessée, s'est affaissée.

Les soldats fouillent les maisons environnantes. il reviennent, encadrant mon frère Paul qui a passé la nuit avec ma tante dans la petite maison en face. Ils le soupçonnent d'être un terroriste. Ma mère aura beaucoup de mal à leur faire comprendre qu'il s'agit de son fils, rentré des Chantiers de Jeunesse. Il sera contraint d'enlever les corps des deux fils CHASSAGNE du camion qui les a ramenés du Trévy. Ils seront repoussés dans le fossé.

De même, on nous demandera, à Simone et à moi-même ( j'avais 14 ans ) de monter dans un camion pour soigner des maquisards blessés : ils étaient agonisants.

Nous avons vu deux soldats allemands blessés ainsi que des résistants descendre de l'étage après avoir très certainement subi des tortures.

Après le départ des Allemands, Messieurs CHARRIER, LAGUELLE et mon frère relevèrent les morts.

Ces tragiques évènements sont survenus pendant qu'en Normandie débutait l'opération Charnwood.

Un mois plus tôt avait eu lieu le massacre d'Oradour Sur Glane.

NDLR :

Selon plusieurs témoignages de personnes ayant vécu ces tragiques évènements, l'intervention de Monsieur CHARRIER auprès de l'officier SS aurait permis d'éviter un massacre comme à Oradour-sur-Glane !