Le 19 août 1743 : Jeanne Bécu de Cantigny

Dite aussi Mlle de Vaubernier, elle naquit à Vaucouleurs. Elle était issue par sa mère d'une famille de haute domesticité attachée à la cour de Lunéville et bénéficia d'une éducation soignée chez les dames de Saint-Aure, à partir de 1753.

Elle sortit de ce couvent vers 1758 pour entrer au service d'une famille de Lagarde, issue de la Ferme générale.

A dix-sept ans, elle devint vendeuse dans une luxueuse boutique de mode située rue Saint-Honoré à Paris. Sa beauté la fit remarquer et elle fut reçue dans divers salons où, probablement, Jean-Baptiste du Barry la remarqua alors qu'elle n'avait que 19 ans. Il en fit sa maîtresse et, pendant un temps, elle fit les honneurs de l'hôtel du Barry à Paris. Lors d'un dîner, Jean-Baptiste du Barry aurait fait l'éloge de la jeune femme au Maréchal de Richelieu qui imagina de la présenter à Louis XV. La rencontre se fit par l'intermédiaire de Lebel, premier valet de chambre du roi. Le roi, qui souffrait de la mort de sa favorite en titre, la marquise de Pompadour, désira faire de la jeune femme sa nouvelle favorite officielle, ce qui nécessitait une présentation à la cour et pour ce faire qu'elle fût mariée. Malheureusement Jean-Baptiste du Barry était déjà marié, aussi tourna-t-on la difficulté en la mariant au frère aîné de Jean-Baptiste, le comte Guillaume du Barry, qu'elle épousa le 1er septembre 1768.

A la différence de Madame de Pompadour, elle ne chercha pas à jouer un rôle politique. Elle bénéficia pour son train de vie de revenus comparables au budget d'un ministre de la culture, et reçut des bijoux somptueux ainsi que des domaines. Cependant, elle fut l'objet de la part du clan Choiseul d'attaques souvent triviales ( chansons grivoises et même des libelles pornographiques ).

A la mort de Louis XV, son petit-fils et successeur, probablement inspiré par Marie-Antoinette, fit délivrer toute affaire cessante une lettre de cachet à son encontre et elle fut conduite, de nuit, au couvent du Pont-aux-Dames à Meaux. Ses papiers furent saisis et ils arrivèrent en partie entre les mains du clan Choiseul. Certains furent utilisés pour publier une correspondance apocryphe, mêlant le vrai et le faux, qui parut quelques années plus tard : ainsi naquit la légende selon laquelle Mme du Barry serait sortie du bordel de Marguerite Gourdan.

En octobre 1776, elle put retourner chez elle, à Louveciennes, pour y mener une vie paisible embellie par sa longue liaison avec le duc de Cossé-Brissac et les visites d'Elisabeth Vigée-Lebrun qui devint une amie et laissa d'elle trois superbes portraits. A l'heure du danger, quand beaucoup de courtisans s'enfuyaient à l'étranger, elle ne cessa de soutenir la contre-révolution de l'intérieur. Devenue une cible parfaite pour les révolutionnaires, elle fut déclarée ennemie de la Révolution et condamnée à être guillotinée. L'exécution eut lieu le 8 décembre 1793.